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10 informations clés sur les substrats de culture

Lors de l’empotage en serre, les substrats de culture utilisés peuvent avoir une influence majeure sur les cultures en production.  Les producteurs ont souvent des préoccupations ou des inquiétudes quant à leur terreau. Voici 10 informations clés synthétisées, provenant de l’industrie, à savoir sur les substrats de culture.

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1. Utiliser le substrat dans un court délai

Le substrat de culture en entreposage évolue au point de vue chimique avec le temps. Les éléments nutritifs se modifient avec le temps (en particulier si le mélange a une charge nutritive de départ). Plusieurs autres changements peuvent être observés, comme l'efficacité de l'agent mouillant qui baisse avec le temps, ainsi qu’une activation de la chaux calcique. Les micro-organismes naturellement présents dans le substrat de culture peuvent contribuer à la biodégradation de ces additifs et ainsi affecter leur disponibilité pour la plante. On constate notamment que l'azote et le fer peuvent diminués après plusieurs mois en entreposage. Cela explique notamment pourquoi les cultures qui sont plantées dans des substrats plus âgés démarrent plus lentement. On remarque que ces changements se produisent plus rapidement avec les substrats qui ont été entreposés à des endroits plus chauds.

Le vieillissement du substrat débute le jour de sa fabrication. La plupart des entreprises indiquent une date de fabrication sur l'emballage. Si vous utilisez un substrat de culture en ballot, vérifiez auprès du fabricant pour connaître cette date. Si vous faites vos propres mélanges, notez les dates de fabrication de vos terreaux. La meilleure utilisation d'un substrat de culture à base de tourbe est de huit à neuf mois pour un terreau fabriqué l’été et de dix à douze mois, l’hiver.

2. Tous les substrats de culture ne sont pas équivalents

Le fait de changer de substrat de culture peut amener des ajustements au niveau des besoins en eau. Il est important de choisir un terreau qui a à peu près les mêmes caractéristiques physiques (par exemple, au niveau des pourcentages d’écorce ou de perlite), pour que la gestion des arrosages soit plus facile à ajuster. Assurez-vous que le terreau ait le même aspect lorsqu’il est asséché. Un des indicateurs qu’utilisent plusieurs producteurs pour commencer l’arrosage est la couleur du substrat qui est plus pâle lors qu’il est sec.

D’autres éléments à considérer avec un changement de substrat :

  • Le programme de fertilisation pourrait avoir besoin d’être changé ;
  • Les régulateurs de la croissance pourraient avoir un effet différent;
  • Le pH dans le terreau après humectage peut augmenter ou diminuer en cours de culture ;
  • Le pouvoir tampon du terreau peut être différent, donc il est important de mesurer le pH tout au long de la culture, car la quantité de chaux au départ varie d’un fabricant à l’autre ;
  • Garder en tête qu’un nouveau substrat de culture n’est pas nécessairement la clé pour résoudre un problème de culture.


3. L’engrais de départ pour la croissance initiale des jeunes plants

L’engrais de départ dans un substrat est généralement suffisant pour la première ou la deuxième semaine de croissance. Il faut savoir que, d’un fabricant à l’autre, la charge d’engrais de départ peut changer. On doit s’y adapter et mesurer la conductivité électrique, afin de déterminer la teneur en éléments nutritifs disponibles pour les plantes, et ainsi corriger la fertilisation. La quantité d'eau lors des arrosages peut aussi causer un lessivage plus ou moins grand des engrais de départ, donc il faut en tenir compte pour ajuster le programme de fertilisation.

Certains producteurs préfèrent arroser avec un engrais soluble avec un taux de 100 ppm d'azote au moment de la plantation, tandis que d'autres préfèrent attendre quelques semaines. Ces deux façons de procéder sont valables et permettent d’éviter de grands écarts au niveau de la disponibilité en éléments nutritifs pour les plantes.

4. La tourbe est la composante principale de la plupart des substrats de culture

La tourbe de sphaigne dans les substrats de culture est une composante majeure et son pH à l’état brut est de 3,5 à 4,5. Elle nécessite cependant qu’on neutralise une partie de son acidité, pour atteindre en culture un pH de 5,5 à 6,2. On ajuste le pH avec la chaux calcique et dolomitique, des substances minérales qui requièrent environ trois semaines pour réagir complètement. La chaux dolomitique prend encore plus de temps que la chaux calcique à réagir. Selon l'humidité relative du substrat, le temps de réaction de la chaux peut varier. Plus le substrat de culture est sec, plus la chaux prendra du temps à réagir. Pour obtenir le véritable pH de départ d’un substrat de culture, prélevez un échantillon, saturez-le avec de l'eau déminéralisée pour obtenir une pâte et laissez-le reposer dans un sac en plastique. Prenez les lectures de pH au premier, au troisième et au septième jour pour vérifier qu’il suit la courbe d’augmentation attendue.

Utilisez un pH-mètre compatible avec la porosité des substrats de culture pour effectuer vos mesures et évitez d’utiliser ceux qui ne peuvent pas être calibrés. De mauvaises lectures de pH peuvent générer de mauvaises corrections et causer des débalancements nutritionnels et nuire considérablement aux cultures.

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5. La présence de moisissures à la surface du substrat

Ces moisissures sont saprophytes, ce qui signifie qu’elles se nourrissent de matières végétales mortes, comme l’écorce, le compost ou le coco. Elles ne sont pas nocives pour les plantes. Ces moisissures ont généralement besoin d’une humidité élevée et d’air stagnant pour survivre. Les serres et les pépinières offrent un environnement trop sec et une ventilation trop importante pour qu’elles y prolifèrent. Ces moisissures disparaissent généralement après une exposition à l’air. Il est tout de même recommandé de toujours laisser le terreau s'assécher en surface avant d’irriguer de nouveau, pour éviter l’arrivée d’autres micro-organismes qui pourraient se développer à la surface des pots, surtout l’automne quand les serres sont plus humides.

6. Dans de rares cas, des odeurs désagréables peuvent émaner du substrat

Cela est particulièrement vrai pour les produits en vrac qui ont été entreposés depuis un bon moment et les produits scellés dans des emballages en plastique. Cela n’arrive généralement pas dans tous les produits d’un même envoi. Ces odeurs proviennent de sous-produits de micro-organismes anaérobiques naturellement présents dans les composantes organiques d’un substrat de culture, comme l’écorce et la tourbe de sphaigne.

Lorsque l’emballage est ouvert et que l’oxygène s’y introduit, les odeurs tendent à se dissiper en quelques jours. La présence d’oxygène interrompt les activités des micro-organismes anaérobiques, arrêtant de ce fait la production des sous-produits créant les odeurs et, ainsi, empêchant leur réapparition. Tous les sous-produits créant ces odeurs s’évaporent facilement et sont dilués avec l’arrosage du substrat.

7. Comment prévenir une croissance inégale?

Les cultures ont parfois une croissance inégale. Elles forment une vague de plantes plus grandes suivies de plantes plus petites. Cela s’observe surtout sur des plateaux de semis en alvéoles. La cause est souvent un manque de fertilisation, car la charge d’engrais de départ dans le substrat de culture de chaque cellule peut varier. Pour prévenir cette inégalité, il est conseillé d’appliquer l’engrais approprié au taux recommandé (pour un semis de 25-100 ppm d’azote), dès la première semaine après semis ou plantation. Vérifiez que la quantité d’engrais ajoutée au réservoir est adéquate dans les bassins de stockage et que l’injecteur fonctionne correctement.

Une croissance inégale pourrait également être causée par la variation de la taille des composantes d’un substrat de culture, d’un contenant à l’autre. Soit, c’est la nature du substrat fabriqué ou bien il a été excessivement foisonné dans l’équipement d’empotage et des fibres de tourbes ont été pulvérisées. Une quantité trop élevée de particules fines peut contribuer au problème de compaction dans les pots, causant de l’asphyxie racinaire.

8. Que faire si votre substrat ne sèche pas?

Si votre substrat sèche plus lentement au début du cycle de croissance des plantes, quand la température est fraîche, il se peut que vous ayez à utiliser un substrat plus drainant. Si ce problème est récurrent, considérez un substrat à haute porosité ou à base d’écorce qui pourra sécher plus rapidement.

Une plus grande ventilation au niveau du couvert végétal peut également aider. Il suffit d’installer des ventilateurs horizontaux. Cela permettra de faire sortir l’air stagnant et humide en dehors du couvert végétal pour le remplacer par de l’air plus sec qui se trouve au-dessus du couvert. Évitez de mettre les plantes directement au sol et placez-les sur des surfaces de propagation surélevées, où l’air est plus chaud et où la ventilation est meilleure. Si possible, réduisez le nombre de paniers suspendus au-dessus de la culture. Ces paniers font de l’ombre aux plantes et produisent plus d’humidité.

9. Des algues peuvent se former à la surface du substrat

Les algues peuvent provenir d’une multitude de sources, mais la source la plus commune est l’eau d’irrigation. Les sources d’eau de surface, telles que les étangs, les lacs et les rivières ont les plus hautes concentrations d’algues, mais les puits et les sources municipales peuvent en contenir également.

Les algues ont besoin de lumière, d’azote et d’eau pour croître. Paradoxalement, enlever la lumière et l’azote va compromettre la croissance. Vous pouvez toutefois réduire le temps où la surface du substrat reste mouillée. La croissance des algues peut être limitée en laissant assécher la surface du substrat entre les arrosages. Vous pourriez également choisir un substrat de culture plus poreux, où l’eau va se drainer et s’évaporer plus rapidement. Ajouter des solutions à base de peroxyde à la surface du substrat pourrait également contrôler la formation d’algue.

10. Les mauvaises herbes qui poussent dans les serres peuvent se retrouver dans les cultures

Parfois, il peut y avoir beaucoup de mauvaises à l’intérieur des serres! Les producteurs peuvent penser à tort que c’est le substrat de culture qui est la source du problème, mais la tourbe de sphaigne ne contient que peu ou pas de mauvaises herbes. Les tourbières sont des milieux humides très acides ; elles contiennent peu d'éléments nutritifs. C’est pour cette raison que les mauvaises herbes ne poussent pas dans ces conditions. Généralement, elles proviennent plutôt de l’environnement, soit de l'intérieur ou de l’extérieur de la serre. Il est important de porter attention à l’environnement dans lequel elles se développent.

Les mauvaises herbes produisent des graines en été et en automne. Dans les serres, si des mauvaises herbes se retrouvent sous les surfaces de production, près des équipements de ventilation ou des volets latéraux, il faut les éliminer pour éviter une contamination par les graines l’année suivante. De plus, si les pots de culture sont entreposés à l'extérieur, les graines des mauvaises herbes peuvent se coller ou même entrer dans les récipients de culture ou dans les emballages des substrats.

Pour éviter que les mauvaises herbes ne se forment dans vos prochaines cultures, assurez-vous de supprimer toutes celles qui poussent autour de la serre.

Source: Greenhouse Grower

 

Pour de plus amples renseignements sur l'analyse de votre substrat, n'hésitez pas à communiquer avec votre représentante du Service horticole de Premier Tech Horticulture :

Susan Parent du service horticole PRO-MIX

Susan Parent
Spécialiste horticole

PRO-MIX® est une marque déposée de Premier Horticulture ltée.

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