Gourma

Pas besoin d’un projecteur pour faire une différence. Chez Gourma, Charles Verdy a bâti une entreprise de fines herbes impressionnante, portée par la précision, la passion et l’envie de repousser les limites sans jamais perdre le rythme. Depuis 2013, ce qui a commencé par un saut de l’ingénierie industrielle vers l’horticulture est devenu l’un des principaux producteurs de fines herbes du Québec, reconnu pour ses saveurs fraîches, ses racines locales et son approche innovante.

D’ingénieur à meneur de groupe

Charles Verdy ne vient pas du monde agricole traditionnel, et c’est justement ce qui le distingue. « J’ai étudié en génie industriel à la Polytechnique Montréal, puis j’ai travaillé en logistique hospitalière », explique-t-il. « C’était axé sur l’optimisation des processus dans les hôpitaux pour le réapprovisionnement des fournitures médicales et optimiser aussi les pieds carrés dans les hôpitaux. Puis j'avais une équipe d’ingénieurs à ma charge à ce moment-là, je prenais énormément l'avion, je travaillais très fort. Je voulais trouver un domaine où j'allais pouvoir élaborer, où mettre en application toutes les choses que j'avais acquises. »

Et ce domaine? La bouffe. « J’adore manger, et j’aimais faire des plates-bandes avec ma mère donc c'est arrivé un peu naturellement. Je regardais aussi d'autres possibilités. C'est mon ami et ancien associé, Louis Vincent, qui connaissait ce cercle, qui nous a fait visiter le site et on est parti comme ça. Je dirais que c'est un élan de passion qui nous a amené à acquérir le complexe agricole puis à le développer. »

Charles Verdy of Gourma
Crédit : Gourma

Monter le volume

Dès le début, Charles a abordé le projet comme un spectacle à perfectionner constamment. « Je ne sais pas si c’est ma personnalité ou mes études, mais dans ma tête, on peut toujours faire mieux. », dit-il. « Et quand tu es en affaires, il faut être à l’écoute de tes clients. Leurs besoins évoluent, et il faut être prêt. »

Cette mentalité guide chaque décision chez Gourma. « Chaque fois qu’on a agrandi ou rénové une serre, on ne s’est pas contenté de construire. On a optimisé. On ne voulait pas tomber dans le piège du “on a toujours fait ça comme ça”. Même quand quelque chose fonctionne bien, on se demande : comment faire encore mieux? »

Charles Verdy  attribue cette approche à sa formation d’ingénieur : toujours questionner, raffiner et faire plus avec moins.

Un groupe local à grande portée

Même si la croissance de Gourma a été stratégique, la mission reste bien ancrée localement. « On est à 100 % en emploi local », dit Charles. « Nos employés sont principalement dans Lanaudière, et nos fournisseurs sont les plus locaux possibles. On produit au Québec à l’année. Ce qu’on veut, c’est partager la joie de vivre à travers notre passion pour les fines herbes fraîches. »

Et cette joie, il en est convaincu, fait une différence. « On est fiers de la qualité de ce qu’on cultive, et des gens derrière ça. Le goût, la fraîcheur, ça compte. »

Gourma team
Crédit : Gourma

En harmonie avec la durabilité

Chez Gourma, la durabilité n’est pas une tendance, c’est intégré à tous les niveaux. « Une des premières choses qu’on a implantées, c’est la recirculation de la solution nutritive. On ajoute seulement de l’eau et on recalibre. Ça représente des économies d’eau énormes », explique-t-il. « Oui, on a de l’eau en abondance au Québec, mais ce n’est pas une raison pour ne pas la protéger. »

L’équipe travaille à aller encore plus loin, notamment en récupérant et en stockant l’eau de pluie. Elle a aussi converti sa flotte de véhicules au propane. « Ça réduit la pollution d’environ 25 % comparé au carburant traditionnel. L’électrique, c’est le rêve, mais on n’a pas encore assez d’autonomie. »

Le chauffage et l’isolation des serres restent des défis avec les hivers québécois. « On essaie de capter le plus de lumière naturelle possible, mais ça veut souvent dire sacrifier l’isolation. Donc on optimise nos systèmes de chauffage pour réduire les émissions. On regarde chaque aspect pour se rapprocher de la carboneutralité. »

Automatiser le rythme

L’un des gestes les plus audacieux de Gourma a été l’adoption de l’automatisation, à la fois pour l’efficacité et la salubrité. « En automatisant, on réduit les contacts humains avec le produit », explique Charles. « C’était particulièrement important pendant la pandémie. On ne voulait pas contaminer les plantes ou transmettre quoi que ce soit au consommateur. »

Mais intégrer des robots ne se fait pas tout seul. « La gestion du changement est cruciale. Si tu arrives avec des robots sur le plancher sans explication, ça ne passera pas. Il faut expliquer pourquoi, montrer les bénéfices, et inclure l’équipe dès le départ. »

Chez Gourma, ça voulait même dire nommer les robots. « On a fait un concours de noms. Il y en a un qui s’appelle Régis, l’autre c’est Wallee », rigole-t-il. « Maintenant, quand on en parle, ce sont des membres de l’équipe. »

Et surtout, l’automatisation valorise le travail. « Quand tu fais quelque chose de répétitif, tu ne te poses pas de questions. Mais quand un robot a un pépin, tu dois l’analyser. Ça augmente les compétences. Ils ont reçu de la formation, comprennent le système et peuvent évoluer dans leurs rôles. »

Gourma Greenhouse
Crédit : Gourma

Avancer avec PRO-MIX®

Gourma utilise les produits PRO-MIX® depuis le début. « J’ai acheté les serres en 2014, et ça fait plus de onze ans qu’on utilise PRO-MIX® », dit Charles. « C’est un produit de qualité, et la tourbe vient majoritairement d’ici. Pour nous, c’est important. »

Ce qu’il apprécie le plus? La constance. « On obtient une croissance prévisible et uniforme. Le système racinaire est bien oxygéné, et la rétention d’eau est idéale. »

Mais au-delà du produit, c’est l’accompagnement. « Le service est ultra personnalisé. Quand on a une question, on a une réponse. Et s’ils ne l’ont pas, ils vont la chercher. Ils ont des laboratoires et des outils auxquels nous, on n’a pas accès, et ils les mettent à notre service. »

C’est ce partenariat qui distingue PRO-MIX®, selon lui. « Qualité, constance, innovation. C’est ça, leur signature. »

Charles souligne aussi l’importance des ingrédients actifs biologiques comme les mycorhizes et le Bacillus. « Ça améliore l’absorption des nutriments et de l’eau au niveau des racines. Et comme les racines sont la base d’une plante en santé, c’est un gros avantage. »

Gourma product root ball
Crédit : Gourma

Repousser les limites

Alors, qu’est-ce qui fait de Gourma une légende? « Je pense que c’est de toujours vouloir se dépasser », dit Charles. « Se mettre dans des situations inconfortables pour innover, améliorer la qualité, et continuer à grandir avec passion et respect. »

Son plus gros défi? Deux années lui viennent en tête. « En 2017, on a lancé une grosse expansion et triplé la surface de culture. Puis en 2020, pendant la pandémie, j’ai racheté les parts de mon partenaire, doublé la surface à nouveau, et implanté l’automatisation, tout ça en pleine inflation et pénurie de matériaux. C’était beaucoup à gérer. »

Mais il n’a jamais été en solo. « J’ai de la chance; ma conjointe Jannick me soutient à 100 % dans ces projets. J’ai une famille qui me permet de m’épanouir en entrepreneuriat. Je suis très reconnaissant. »

Quand on lui demande quel genre de groupe représenterait Gourma, Charles ne pense pas au rock. Il pense au classique. « Ma première idée, c’est Rachmaninov », dit-il. « Pour son intemporalité. Gourma, c’est ça : précis, avec du caractère, et fait pour durer. »

Et ensuite?

« On a bien progressé dans les fines herbes, mais on veut diversifier nos cultures et réduire les risques », dit Charles. « Il y a encore beaucoup à faire avec l’automatisation, et encore à explorer en matière de durabilité. On n’a pas fini. »

Il s’inspire des nouvelles cultures en serre au Québec : radis, fraises, voire gingembre et bananes. « Qu’est-ce qu’on peut cultiver qui soit viable économiquement et qui nous permette d’apprendre sur de nouvelles cultures? C’est comme ça qu’on va continuer à contribuer à l’autonomie alimentaire du Québec. »

Et pour les jeunes producteurs qui montent sur scène pour la première fois, il offre ce conseil : « Il faut de la passion, mais aussi un bon plan d’affaires. Ne vous fiez pas seulement à l’instinct. Faites vos devoirs. Entourez-vous de gens qui en savent plus que vous. L’énergie, c’est bien, mais il faut la canaliser. »

Et que veut-il que les gens sachent à propos de Gourma? « Que c’est un produit local, de grande qualité, fait par des gens d’ici qui aiment ce qu’ils font. On le prend au sérieux. Quand on vend quelque chose, c’est parce qu’on l’achèterait nous-mêmes. »

Et le spectacle continue. « Il ne manque pas de projets chez Gourma », conclut Charles. « C’est juste une question de priorité. Les prochaines années vont être très intéressantes. »

Pour en savoir plus sur Gourma, visitez gourma.com et suivez-les sur Instagram, Facebook et LinkedIn.

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